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Exécution provisoire des peines : une constitutionnalité sous haute surveillance

Le27/02/2026 ParMe BERTHO-BRIAND
Articles Défense pénale
Thèmeavocat pénaliste Lyon Code pénal procédure pénale tribunal correctionnel

L’exécution provisoire consiste à donner à une décision de justice tous ses effets, alors même qu’elle peut encore être contestée par un recours. En matière pénale, cette procédure permet l’application d’une peine avant que la condamnation ne soit définitive.

Dans une décision majeure rendue le 5 décembre 2025, le Conseil constitutionnel a apporté des garanties essentielles pour protéger les droits des justiciables face à cette modalité d’exécution.


⚖️ Le tournant jurisprudentiel du 5 décembre 2025

Saisi d’une Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) relative à l’article 471 du Code de procédure pénale, le Conseil constitutionnel a validé le principe de l’exécution provisoire, tout en émettant une réserve d’interprétation stricte.

Désormais, pour qu’une peine soit assortie de l’exécution provisoire, le juge doit respecter deux conditions cumulatives :

  • Un débat contradictoire : La personne poursuivie doit avoir pu présenter ses moyens de défense spécifiquement sur ce point.
  • Une motivation spéciale : Le juge a l’obligation de motiver spécialement son choix de recourir à l’exécution provisoire.

Cette décision marque la fin d’une pratique où l’exécution provisoire pouvait être prononcée sans justification précise, au risque de porter atteinte au principe d’individualisation des peines.


🛡️ Pourquoi l’assistance d’un avocat est-elle devenue vitale ?

Face à la complexité croissante de la procédure pénale et à la « fondamentalisation » du droit, le rôle de l’avocat est plus que jamais déterminant pour garantir la régularité de votre procès.

1. Vérifier le respect du débat contradictoire

L’exécution provisoire ne peut plus être une décision « automatique » prise en fin d’audience. Votre avocat doit s’assurer que le tribunal a ouvert un débat spécifique sur cette modalité d’exécution. Sans ce débat, la procédure est irrégulière.

2. Contrôler la « motivation spéciale » du juge

Le Conseil constitutionnel exige désormais un contrôle de proportionnalité. Le juge doit expliquer en quoi l’exécution immédiate de la peine est nécessaire malgré l’atteinte portée à vos droits fondamentaux (comme la présomption d’innocence). L’avocat analyse cette motivation pour déceler d’éventuels défauts de base légale.

3. Une procédure plus protectrice que par le passé

Contrairement à la procédure civile, l’exécution provisoire en matière pénale ne dispose pas d’une voie de recours autonome pour être suspendue. Cela rend la phase de jugement d’autant plus critique : une fois prononcée, la peine commence, même si vous faites appel. Seul un avocat chevronné peut anticiper ce risque et plaider contre cette mesure dès l’audience de jugement.


📍 Ce qu’il faut retenir pour vos procédures à Lyon et en France

Cette nouvelle exigence de motivation s’applique aux affaires dont la juridiction de jugement est saisie postérieurement au 5 décembre 2025. Si vous êtes actuellement mis en cause, la vérification de la date de saisine et du respect de ces nouvelles formes est une priorité stratégique.

L’évolution constante de la jurisprudence, illustrée par ce récent arrêt, démontre que la défense pénale ne se limite plus à la discussion des faits : elle est devenue une bataille de procédure où chaque détail peut faire basculer l’exécution de votre peine.

Contacter Maître BERTHO-BRIAND

Source : Cons. const. 5 déc. 2025, n° 2025-1175 QPC

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